L'aventure
   16/11/2020  
L'aventure

PREAMBULE

Tout d’abord, avant de commencer à lire, je voudrais vous dire ceci : Comme vous vous en douterez peut-être, j’ai beaucoup hésité avant de me lancer dans ce récit. Cela fait un moment que je parle autour de moi de cette envie de raconter, mais sauter le pas est bien différent.

On me demande régulièrement des conseils sur la façon dont monter sa boite. Alors, honnêtement, je n’ai pas vraiment de conseils à donner car je ne pense pas être l’exemple type à suivre. En revanche, je peux raconter… Oui, je peux raconter l’histoire de PETIT BEC, les jolies choses mais aussi les moments dont on parle moins, les doutes, les questionnements et les répercussions sur ma vie perso.

Oui, comment raconter cette aventure sans parler de ma vie personnelle ? Comment évoquer ma vie personnelle sans franchir la ligne de l’intime ? J’espère que cela ne sera pas impudique.

Je préfère annoncer la couleur tout de suite, il s’agit de moi et de mon expérience. Je vais essayer d’être la plus transparente et sincère possible, en abordant au fil de l’eau différentes thématiques, autour de mon vécu. Cela n’engage donc que moi.

J’ai envie de retracer ici ces années dingues, à la fois enrichissantes et éprouvantes. Finalement, je pense que je le fais peut-être autant pour moi que pour vous. J’ai lu (pas entièrement) le livre "Bloom" de Florence Servan Schreiber sur les vertus de l’écriture, et cet ouvrage tombait à pic étant donné ce projet.

Cela va peut-être paraître bizarre. Pour certain(es), cela va sembler, aussi et surtout, horriblement narcissique, et autocentré. Peut-être que cela donnera lieu à de bonnes rigolades entre vous, je préfère ne pas y penser.

Je n’ai pas envie de m’attarder sur les gens qui vont penser cela. Il y a encore quelque temps, j’aurais eu peur de livrer ici ce que je m’apprête à écrire. Cette peur-là n’est pas constructive.  J’ai appris ces dernières années, non sans difficulté, à faire le tri dans tous les sens du terme.

Pour conclure, j’ai décidé d’écrire sur mon blog, cela sous-tend que les personnes qui viendront lire ces billets sont dans une démarche volontaire et plutôt bienveillante je l’espère. Ceux que cela n'intéresse pas ou qui s'ennuieront copieusement en lisant ce billet ne reviendront pas.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, je me suis aperçue, lorsque j’ai commencé à écrire que raconter PETIT BEC sans dire ce par quoi je suis passée n’avait pas beaucoup de sens, ou en tout cas, biaiserait certainement le récit de l’aventure. PETIT BEC n’est pas né du jour au lendemain, sur un coup de tête, ce projet a pris naissance très longtemps avant, a été bercé dans ma tête, en rêvant jusqu’au jour où…

Oui, il y a dès le départ de ma vie de jeune adulte des petites pierres qui vont jalonner mon chemin.

Je vais essayer de ne pas être trop longue… Alors, si ça vous dit, on démarre :

LECTURE 1 :

17 ans, le bac en poche, je me lance dans des études de droit.

Ce n’était pas mon choix mais les inscriptions sur le Minitel (au secours n’est ce pas !)  cette année là ont eu un bug. J’ai été inscrite en droit, dans mon deuxième choix d’office.

Comme je ne savais pas quoi faire après mon bac et que mes parents avaient refusé que je tente une école de dessin, j’ai vu dans cette inscription d’office en droit un signe du destin.

Après un DESS de Droit en Propriété Industrielle, je suis jetée dans un cabinet d’avocats, je déteste cette expérience, je me sens perdue, angoissée. Le fossé entre les études et le « métier en vrai » est énorme, et je ne me projette pas dans cette vie-là. Lors de mon premier stage en cabinet, je regarde les écoles de style pour une potentielle reconversion. Parmi elles, l’Institut français de la Mode (IFM). Cette école propose un cycle de Management de la Mode et du Design après 4 années d’études. C'est aussi la période où je dessine ma bande dessinée Joséphine, et les centaines de dessins de mode de petites bonnes femmes. Certains de mes amis me poussent à continuer dans cette voie.

J’ai 21 ans, je n’ai pas le courage de tout laisser tomber, je continue mes expériences professionnelles dans le domaine juridique en m’ennuyant ferme. En parallèle d’un stage en tant que juriste en entreprise chez DANONE, je monte avec une amie une petite marque de vêtements, de customisation de vestes militaires et de treillis. Rien de construit mais on s’amuse. 

Après cette période de flottement, je me cherche un peu. J’enchaîne avec une expérience chez Irina Volkinskii, amie de Jean-Charles de Castelbajac, qui crée des bijoux ludiques et super créatifs. 

A ce moment là, je suis prise de doutes, je pense que je ne peux pas continuer dans cette voie là, trop éloignée de ce que je suis, de ce que je sais objectivement faire. Je finis par m’inscrire au concours d’avocat, cela rassure grandement mes parents. Aucune envie en vrai d’exercer ce métier mais je ne me décide pas encore à balayer tout cela sans regret.
Echec, je ne suis pas reçue. Pour la première fois, je suis confrontée au vide… Que vais-je donc faire de ma vie ? Je ne souhaite absolument pas retenter le concours, je suis cette fois certaine de ne pas vouloir continuer dans ce domaine. C’est l’angoisse absolue… Je dois tout recommencer à zéro.

Quelques jours après, avec ma pote Steph, je vais dans une boutique atelier dans le 11ème arrondissement, rue Parmentier. C’est une créatrice autrichienne Sissi Holleis, son univers me plait énormément, je lui dis. Elle me complimente sur les vêtements que je porte. Il s’agit de vêtements que j’ai cousus. En riant, elle me dit que son assistante est en congé maladie, qu’elle ne s’en sort pas, que si je veux venir l’aider, elle serait ravie.

Pendant 3 mois, je vais me rendre dans sa boutique, et m’imprégner. Je suis convaincue cette fois qu’il faut que je présente l’IFM. Comme les frais d’études sont super élevés, je décide de chercher un emploi de vendeuse pour en financer une partie si je suis reçue.

Je vais démarrer chez SANDRO dans leur nouvelle boutique rue du 29 juillet. Je vais y apprendre beaucoup de choses qui me serviront d’ailleurs pour être reçue au concours.

Je me souviendrai toute ma vie du jour où l’équipe de l’IFM m’a annoncé que j’étais prise.  L’euphorie totale.

Une année incroyable à l’issue de laquelle je démarre un stage chez Louis Vuitton, en tant qu’acheteuse et développeuse matières pour la Maroquinerie des défilés. 

 Il va sans dire que cette expérience est dingue, que l’on vit au rythme du Studio. On y croise Marc Jacobs, Pharell Williams, et tant d’autres, bref je suis dans un autre monde.

Je viens de me marier, je me dis assez vite que ce ne sera pas tenable. Tim travaille énormément et cela nous arrive de rentrer tous les deux à 2h du matin… Potentiellement, un job va se concrétiser au sein de cette équipe mais est-ce que cette vie glamour sous pression et sans horaires est faite pour moi ?

La proposition de job étant un peu trop longue à mon goût, je décider de chercher ailleurs et je suis orientée par une amie de mon frère chez Cartier pour un poste d’Achat – développement en PLV. Cela consiste à mettre au point et acheter les décors de vitrine des boutiques partout dans le Monde. Je vais à l’entretien avec des pieds de plomb je l’avoue, sur le papier, ce n’est vraiment pas le job de mes rêves. Et là, je rencontre ma future boss Isabelle. Immédiatement, j’ai envie de travailler avec elle. J’entre-aperçois également celle qui deviendra ma « best partner in crime » Laetitia. Cependant, mon futur N+2 pense que je ne suis pas assez créative pour le poste. Il souhaite me revoir une deuxième fois. Lors de ce deuxième rendez-vous, j'apporte ma BD, les vêtements que je couds et j'étale tout sur la table... Je suis retenue pour le poste. Nous allons pendant plusieurs mois former un trio Isabelle, Laetitia et moi où le travail et les rires vont aller de paire.

En parallèle, je suis mariée depuis une année, nous commençons à penser à avoir un petit bébé. Autour de moi, les personnes proches de moi galèrent pas mal, alors je me dis que lorsque nous serons prêts, il faudra attendre, ça ne viendra pas immédiatement...

TO BE CONTINUED ;-)

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